IBM Rational ClearQuest TestManager
Posté par Romain Linsolas, le 28/06/2007.Article paru dans la newsletter #20 – Ete 2007
Je terminais sur ces vils mots mon article de la newsletter Valtech de Septembre 2006, sur la suite d’outils d’IBM Rational dédiée au test fonctionnel :
« Autant Rational FunctionalTester (RFT) est impressionnant par ses possibilités, autant Rational TestManager (RTM) ne peut rivaliser avec TestDirector/Quality Center (Mercury). Ses possibilités de personnalisation sont pour ainsi dire inexistantes (pas de gestion du workflow, pas de gestion des habilitations, etc.), ce qui pourrait ne pas attirer les faveurs de consultants pour implémenter un processus de test « On Demand » dans l’outil d’IBM (oui, elle était facile…). C’est dommage car du coup, RFT pâtit de l’absence d’association avec un bon outil pour gérer le processus de test et son référentiel. »
Rational doit recevoir la newsletter Valtech puisqu’il a immédiatement et radicalement changé son outil de gestion de l’activité de test. Une sage décision. Rational TestManager (RTM) devient Rational ClearQuest TestManager (CQTM), et entre les deux, c’est le grand écart…
Là où tout était figé, tout devient personnalisable. On pourra maintenant en dire : « Tout est possible, tout est réalisable ».
Le responsable : ClearQuest. CQTM est en fait composé de ClearQuest en version 7 et de plusieurs schémas et packages développés par Rational, principalement autour de l’activité du test. Le plus évolué d’entre eux : l’Enterprise.
« Une description, Spock
- Bien Capitaine »
Pas de surprise ici, on est dans du classique. On retrouve la hiérarchie exigence, scénario / cas de test, exécution, anomalie, et les regroupements en test plan pour l’organisation des tests, et en test suite pour leurs exécutions (dans RFT/RMT), et ce modèle « built-in » pourra convenir pour gérer un processus de test classique, à hauteur des éléments ci-dessus.
Mais ce serait ne pas bénéficier de la présence de ClearQuest, ce qui serait fort regrettable au vu des possibilités qu’il offre pour opérer le processus au laser.
La salle d’op’, mieux connue sous le nom de CQ Designer, propose les interventions suivantes, que ce soit sur des schémas existants (l’Enterprise pourra être une bonne base de travail) ou vierges :
- Création de nouvelles classes (ou « record type ») dans le modèle.
- Création des attributs (ou « fields ») de chaque record type, et personnalisation des propriétés de ces attributs (type de donnée, valeur par défaut, contraintes, etc.). On utilisera des champs de type référence (unique ou multiple) afin de créer des relations entre records, de record type différent ou identique (référence récursive donc, pour créer par exemple une hiérachie parent / enfant(s) entre les instances du record type).
- Définition du worflow de chacun des record types (définition des états et de leurs transitions par une matrice). Chaque action sur un record (par exemple, création ou suppression d’un test case, changement d’état, modification de la valeur d’un champ, etc.) peut être associée à un script (ou « hook », soit en VBScript, soit en Perl), pour déclencher une grande variété d’actions/contrôles (gestion des habilitations, validation des saisies, mise à jour de n’importe quel autre record, qu’il appartienne ou non au même record type, envoi de mail, etc.). Bref, les possibilités offertes par script sont très importantes (bien que le module Perl qui fait le café ne soit encore qu’en beta release), et n’importe quelle action de l’utilisateur peut les déclencher.
- Conception des interfaces graphiques de chaque record type (une fenêtre pour le submit, et une autre éventuellement pour le modify). L’activité s’apparente à celle faite depuis un IDE classique, drag & drop de controles graphiques, puis définition de ses propriétés (notamment l’association du contrôle avec l’un des champs du record type)
Par rapport à son principal concurrent (Quality Center, de Mercury), CQTM apporte donc essentiellement la possibilité d’adapter sans limitation aucune le modèle de processus de test utilisé, que ce soit au niveau des entités, de leur données ou de leurs relations.
La puissance de cette modélisation est telle que CQTM pourrait servir de support à la gestion de n’importe quelle autre activité que celle pour laquelle il est prévu (le test, pour ceux qui ne suivent pas). Il serait ainsi tout à fait envisageable d’utiliser ClearQuest à Valtech par exemple pour une partie de la gestion administrative. Prenons un exemple qui parlera au lecteur : le compte-rendu d’activité des consultants.
Vu que ceci n’a rien à voir avec du test, nous partirons ici d’un schéma vierge. Record Types à créer :
- Contrat. Liste des champs (non exhaustive probablement) :
- Identifiant (07.xxx) : champ obligatoire avec masque de saisie.
- Nom du client.
- Lieu principal de mission.
- Nom, coordonnées, etc. du contact/responsable client.
- Directeur de mission/contrat.
- Commercial en charge du contrat.
- Intervention. Liste des champs :
- Contrat : champ de type référence unique vers record type Contrat.
- Nom intervenant : champ de type référence unique vers record type Users (peut être verrouillé et rempli par script par le compte associé à la session CQ active).
- Lieu d’intervention.
- Date de début : champ obligatoire de type date et heure.
- Date de fin : champ obligatoire de type date et heure.
- Durée : Champ en lecture seule calculée par script selon les deux champs précédent. Doit être supérieur à 0.
- Type d’intervention : liste statique de valeurs (mission, CP, RTT, etc.).
- Statut (saisi, validé, cloturé) pour workflow entre consultant, contrôle de gestion, facturation, etc.
Comme vous vous en serez probablement aperçu, l’activité s’apparente à la conception du modèle de classe.
Nous pourrions ajouter d’autres record types pour étendre la couverture du schéma, comme « livrable » (contiendrait une référence vers « contrat » et un champ de type attachment (colonne de type Binary Large OBject en DB)), « évènement » pour y gérer les réunions client, etc.
Des modèles de rapports pourraient également être définis à l’aide de Crystal Report Designer, pour générer depuis ClearQuest les CRA, les suivis d’avancement, les factures, etc.
Pour clore cet exemple et continuer sur le reporting, il existe donc dans ClearQuest des rapports générés à partir de modèles Crystal Reports, mais aussi des graphiques et des tableaux générés à partir de requètes. La requète est un objet important dans ClearQuest puisque historiquement, c’est le seul moyen de récupérer de l’information (le client historique au niveau consultation se limite à concevoir des requètes et afficher leur résultats). Avec CQTM, nous disposons également de différentes vues apportées par le plug-in Eclipse, mais les requètes sont toujours nécessaires, et très puissantes.
Un assistant de conception de requète permet au travers d’une interface intuitive, de faciliter la mise au point des filtres, des jointures, etc.
Il sera également possible pour les techos d’écrire directement leur SQL, ou de convertir en SQL une requète créée par l’assistant afin par exemple de faire des statistiques (min, max, mean, etc.) ou des agrégations (group by, union, etc.).
Cela est rendu possible par le fait qu’à chaque nouveau record type créé dans le designer, ClearQuest crée une nouvelle table en base de données.
Concernant l’architecture technique, là aussi, la polyvalence est de mise puisque CQTM propose pas moins de trois types de client différents :
- Le client lourd historique de ClearQuest, le seul pour l’instant à pouvoir s’intègrer à Crystal Reports pour concevoir les modèles de rapport.
- Un client riche Eclipse (RCP standalone, ou plug-in à installer dans un workbench existant, celle de RFT par exemple…).
- Un client Web léger (et vraiment léger, contrairement à celui de Quality Center qui nécessite l’installation d’ActiveX sur le poste utilisateur), mais plutôt bien réussi (utilisation d’Ajax, de menus contextuels personnalisés selon l’objet sur lequel se fait le clic droit, etc.)
Le client au niveau fonctionnalités le plus riche est le client riche, paradoxalement
Ce sera le choix privilégié pour les testeurs, car le seul qui permette l’intégration avec RFT et RMT (lien par Eclipse). Les autres intervenants pourront préférer le client Web qui permet d’accéder de manière plus intuitive (IHM moins dense que celle d’Eclipse) à une bonne partie des fonctionnalités de CQ et du schéma utilisé, et éventuellement depuis l’extérieur du réseau local de l’entreprise (c’est également possible de le faire avec les 2 autres clients, mais il faudra dans ce cas mettre le serveur de base de données en DMZ…).
Pour conclure, et pour que Rational les corrige rapidement (voir introduction de l’article…), je terminerai par les défauts :
- L’integration entre ClearQuest est les outils permettant l’exécution (RFT, RMT) n’est pas optimale. Eclipse apporte un peu de liant déjà, mais peu mieux faire (un seul outil tout intégré par exemple).
- Les schémas livrés par défaut avec CQTM pourraient être plus aboutis. Par exemple, aucun groupe / gestion des habilitations n’est fourni, quel que soit le shéma, par défaut, tout le monde peut tout faire. Bon, ca fera plus d’heures facturées pour les consultants
, mais ça fait par conséquent aussi une charge de mise en service en moyenne quand même plus importante qu’avec Quality Center. - L’interface graphique dense du plug-in Eclipse (et d’Eclipse d’une manière générale) pourra rebuter les utilisateurs non techniciens, comme la maitrise d’ouvrage par exemple (mais le client web leur facilitera alors la tâche).
Concernant le dernier point, on retrouvait déjà la même orientation dans RFT, intégré dans Eclipse ou dans VS.Net, par rapport à Quick Test Pro (de Mercury) qui lui possède une vue graphique du script de l’automate.
Ici, la puissance prime à l’ergonomie et à l’intuitivité, et c’est clairement le positionnement d’IBM Rational fâce aux outils de Mercury, moins techniques et plus faciles à prendre en main.
Alors, IBM Rational ou Mercury ? Unix ou Windows ?
Rendez-vous dans un prochain article pour connaitre le choix du marché…
Tags: Tests

September 4th, 2007 at 7:18 am
Bonjour,
Pour en savoir plus sur IBM Rational ClearQuest, venez à notre prochain séminaire technique le 18 Octobre à l’IBM Forum Paris sur la gestion des changements et des livraisons:
http://www-05.ibm.com/fr/events/changemanagement.html?ca=BPE
August 17th, 2010 at 7:54 am
Hey, un grand bravo pour votre publication. je vous souhaite bonne continuation. Sportivement !