Posts Tagged ‘Conférence’

Première réunion Software Craftsmanship Paris

Friday, October 28th, 2011

Paris Software Craftsmanship - Première réunion

Il y a une semaine c’est tenu le premier “meetup” de la communauté Software Craftsmanship. Et c’était bien.

Définitions

Tout d’abord un petit aperçu de ce qu’est le Craftsmanship au travers de ce qui nous être présenté jeudi soir.

L’agilité permet de faciliter la réussite d’un projet. Cependant, son application depuis ces dix dernières années a pu amener à une forte focalisation sur le processus, négligeant les autres valeurs comme la relation humaine et le logiciel opérationnel. Le Software Craftsmanship part de ce constat afin d’enrichir les principes agiles. Il met l’accent sur les compétences et même l’excellence individuelle afin d’apporter de la valeur au produit à réaliser.

On trouve sur Paris beaucoup de communautés centrées soit sur les technologies, (Java, JavaScript, NoSql…)  soit sur les processus (French Scrum User Group, conférence Agile France…). La communauté Software Craftsmanship se place dans un espace oublié pour réunir ces deux mondes. C’est une communauté où l’on parlera de technique de développement logiciel comme par exemple de TDD, de conception simple, de binomage…

Si cette communauté devait s’attacher à développer un des 4 principes du manifeste agile, ce serait “working software”. Le mouvement aux Etats-Unis a écrit un manifeste software craftsmanship. Celui ci compléte, explicite et renforce les valeurs du manifeste agile. Ce qui donne :

Not only working software, but also well-crafted software

Not only responding to change, but also steadily adding value

Not only individuals and interactions, but also a community of professionals

Not only customer collaboration, but also productive partnerships

http://manifesto.softwarecraftsmanship.org/

Pour ceux qui n’ont pas suivi, Craftsman se traduit par artisan en français. Ce sujet n’a pas été abordé pendant cette soirée, mais pourra sans doute alimenter quelques discussions lors des soirées à venir.

Déroulé de la soirée

Cyrille Martraire est directeur technique chez Arolla et fondateur de cette communauté.

Il nous a expliqué les raisons de son initiative : parmi les communautés naissantes, on distingue les techno centrée (Java,.net, web…) de celles qui seraient plus méthodologiques, autour de l’Agilité, du Lean… Néanmoins, ces deux tendances convergent sur le travailler mieux, autant au niveau technique que organisationnel ainsi que “simplement” se faire PLAISIR au travail. Il présente son initiative comme une troisième possibilité, sans appartenance à une technologie ou à un langage. Parmi les participants (moyenne d’âge autour de la petite trentaine, même si des personnes plus expérimentées étaient présentes), l’écrasante majorité était plus orientée java, même si les langages du web était également représentés. Un .net était également présent.

Cyrille a très vite laissé la parole à Sandro Mancuso, fondateur de la communauté Software Craftsmanship de Londres, il y a un an. Celui ci nous a présenté son idée du métier de développeur, comment il évolue au sein des projets, notamment encadré par les méthodes agiles. Il en est venu assez naturellement à aborder la manière d’améliorer le travail personnel par les pratiques du software craftsmanship.

La deuxième partie prévoyait intitialement un hands-on en TDD. Elle s’est transformée en papotage autour d’un excellent cocktail.

Ce qu’il m’en reste

Ce que j’ai retenu de cette session autant au travers de l’introduction de Cyrille que du talk de Sandro :

  • Le développement est un art qui requiert du temps, de l’expérience, de la pratique
  • Comment garantir à un projet que ce que vous amenez le fait avancer : écrire du code, vérifier que le résultat obtenu est bien celui attendu et vice et versa : c’est normal. Mais si vos tests sont automatisés, reproductibles et que votre code est lisible, maintenable, et compréhensible, ce que vous avez amené aujourd’hui et hier fonctionnera toujours demain, même si vous n’êtes plus là.
  • Les activités de test et de refactoring ne sont pas des tâches, mais des étapes indispensables, par conséquent votre PO ne peut pas les dé-prioriser.
  • L’importance de pratiquer : Comme pour conduire une voiture, au début on est paniqué, puis après on arrive à être naturel et à gérer plusieurs choses à la fois. Pour le TDD ou le pair-programming cela change fondamentalement notre manière de faire, de concevoir mais cela permet de reproduire et de s’améliorer régulièrement en partageant, en échangeant, en communiquant plutôt qu’en stagnant tout seul.
  • Tous les projets sont différents, mais les pratiques pour les faire aboutir ne sont pas si nombreuses, malgré les exigences métier : Sandro a d’ailleurs une fois de plus appuyé sur l’importance des pratiques XP telles que TDD & pair programming. Il a néanmoins nuancé son propos en prenant en compte un contexte organisationnel qui peut parasiter ou freiner l’application des pratiques XP, il se concentre alors sur celles du centre complètement déconnectées du contexte organisationnel qui vient parasiter leur essence.

D’autres remarques qui ne sont pas relatives à l’écriture du code, parce que ce n’est qu’une très petite partie de notre activité :

  • Être Craftsman c’est avoir une attitude positive : en se lamentant sur l’état du projet, quelle image donne-t-on aux débutants et aux collègues qui y contribue ?
  • Le Software Craftsmanship n’est pas une église ou une croyance mais la raison qui s’exprime au travers de l’expérience de chacun
  • Commentaire personnel : comme toute expérience qui s’exprime, tant que l’autre n’a pas fait son apprentissage, cet ensemble de pratique est difficile à accepter et apparaît uniquement comme de l’évangélisation, j’ai vu la lumière, je peux vous montrer le chemin et vous aider à y parvenir.
  • Sandro nous a bien fait part de son peu de considération pour les certifications. Il espère bien ne jamais voir reprise cette idée pour le Software Craftsmanship.
  • Travailler sur du code historique (legacy) c’est comme faire un puzzle 5000 pièces : trouver les angles, les bords, isoler des parties cohérentes afin d’y incorporer les bonnes pratiques
  • Prenez votre carrière en main : parce que comme un dentiste ou un médecin, on ne vous paie pas pour apprendre ou vous remettre à niveau. C’est par contre une activité indispensable : vous devez individuellement maintenir vos connaissances et compétences à un niveau d’employabilité afin de ne pas vous retrouver dans des impasses. Néanmoins, si votre employeur n’est pas capable de vous aider dans cette activité, essayez de faire changer les choses puis, si ça ne fonctionne toujours pas, allez voir ailleurs. Sandro a d’ailleurs fait un délicieux lapsus “Own your company” à la place de “Own your carrier” : pour continuer à évoluer et à vous épanouir vous devriez être votre salarié, posséder votre société …

Comme toutes communautés, elle ne vivra que par l’activité de ses membres.

Être développeur

Cette session m’a également beaucoup fait penser à la session du dernier Paris JUG sur “Être Développeur” : si vous voulez que votre projet réussisse, entourez-vous des bonnes personnes. L’une des autres idées de cette autre soirée était sur la limite d’âge : il n’y en a pas ! Être développeur à 40 ans n’est pas une tare, je dirais même plus que ce sont les bons, très bons qui sont toujours dans cette activité. Il faut néanmoins accepter de faire des missions plus aventureuses… Les Duchess vont d’ailleurs prolonger le débat.

Liens pour aller plus loin

http://craftedsw.blogspot.com

www.meetup.com/paris-software-craftsmanship/

www.meetup.com/london-software-craftsmanship

Crédits Photos: Cyrille, merci !
Avec la généreuse participation & gracieuse relecture de Etienne Charignon & Eric Le Merdy, merci !

JsConf.eu 2011 – Compte-rendu (partie 2/2)

Wednesday, October 5th, 2011

La deuxième journée commença avec la présentation de Thomas Janzcuk intitulé : “High density server side JavaScript“.
Thomas travaille chez Microsoft, notamment sur le portage de node.js sous Windows.
Il y adressa la question de l’hébergement d’applications “légères”, dans le sens applications non professionnelles et n’étant pas extrêmement sollicités.
Depuis quelques années, la réduction des coûts d’hébergements est passée par les machines virtuelles, permettant de mutualiser le matériel.
Pour baisser encore les coûts, Thomas propose de descendre encore plus bas, en isolant par processus.
(more…)

JsConf.eu 2011 – Compte-rendu (partie 1/2)

Tuesday, October 4th, 2011


Ce week-end a eu lieu à Berlin la 3ème édition de ls JsConf.
Y ayant passé un très bon moment l’année dernière (confère mon compte-rendu), j’ai réitiré l’expérience cette année.

(more…)

Conférence Agile France 2011: Les sessions Valtech

Thursday, May 19th, 2011

 

Valtech sera présente au rendez-vous incontournable de la communauté Agile française qui se déroule le 26 et 27 Mai au Chalet de la Porte Jaune. Pour cette édition, diverses conférences seront animées par des consultants Valtech :

« Dans la peau du manager agile »

Présenté par Jean-Claude GROSJEAN, COACH AGILE  et  Consultant UX

Quand il s’agit d’agilité, ne laissez pas vos Managers au bord du chemin ! Aidez-les plutôt à devenir des managers Agiles… et à maîtriser l’évolution de leur métier. Entre nécessité et opportunité, le métier de Manager Agile (au sein d’une organisation agile) devient un savant compromis entre le maintien de certaines responsabilités, l’abandon de certaines autres et l’acquisition de nouveaux savoir-faire et savoir-être… L’ère est au management Agile & Lean.

“Quand Product Owner rime avec Marketeur – Agile UX et ATDD”

Présenté par Hélène Granboulan-Bensalem, Consultante Senior & Formatrice, Analyste Agile et Jean-Claude GROSJEAN, COACH AGILE  et  Consultant UX

Le marketing donne naissance à des projets particulièrement créatifs & réactifs. L’expérience montre que l’agilité permet de répondre à ce contexte et à ses véritables enjeux: livrer à temps, un produit opérationnel, que l’on sait adapter jusqu’au dernier moment. Cette session se propose d’illustrer les responsabilités, les pratiques et certains outils du rôle de Scrum “Product Owner” dans lequel le marketeur va se glisser : Agile UX (expérience utilisateur agile), ATDD (spécifier ensemble par l’exemple), et plus encore…

 

“Une usine logicielle pour une usine, vers le déploiement continu en production”

Présenté par Claude Falguière,  Consultante Senior Java et Maxime Lemanissier (ancien Valtech, PhotoBox)

Retour d’expérience sur la mise en place d’une usine logicielle sur un ensemble d’applications qui gèrent un site de production (Java, Flex, Python).

Pour conserver l’aspect très réactif des déploiements actuels mais améliorer la qualité, nous voulons mettre en place un processus de déploiement continu jusqu’à la production.


 

 

“Lire du code”

Présenté par Etienne Charignon, Consultant et Extreme Programmer

Au cours de notre parcours de formation de programmeur ainsi que dans notre travail, nous dépensons beaucoup d’énergie à apprendre à écrire du code.

Je vous propose ici de nous arrêter quelques minutes sur cet aspect méconnu et qui occupe pourtant la plus grande partie du temps d’un développeur : lire le code.

 

“Product Owner : Valorisez vos Epics”

Présenté par Yannick Ameur, Consultant Senior et Coach Agile

Il s’agit d’un atelier pour les PO pour leur montrer les différences entre une gestion de type concurrentiel interne à l’entreprise et une gestion Collaborative des différents PO  responsable de leur domaine.


 


 

“10 ans après… Ma première expérience agile”

Présenté par Xavier RENAUDIN, Consultant Confirmé et certifié Scrum Master  et Katia Aresti (Xébia)

Un échange entre Katia, qui découvre le monde de l’agilité sans aucune formation théorique et Xavier, Scrum Master essayant d’appliquer ses connaissances théoriques dans l’Agilité.  Un échange autour d’un retour d’expérience.

 

 

Les inscriptions sont encore ouvertes. Soyez nombreux à l’évènement Agile de l’année ;)


Scrum User Group : une soirée e-Commerce, banque, startup et coaching agile

Monday, November 8th, 2010

Valtech accueillera la prochaine soirée mensuelle du French Scrum User Group. Ça se passe au 103 rue de Grenelle dans le 7ème arrondissement de Paris. Le rendez-vous est à 18h30 le jeudi 18 novembre 2010.

L’évènement est gratuit, une simple inscription ici suffit.

Le programme a été finalisé. Après une introduction de Xavier Warzee, l’actuel président du French Scrum User Group, deux parcours en parallèle vous seront proposés:

Retours d’Expérience Agile

Dans l’auditorium, 3 présentations se succèderont:

  • Transformation Agile alliant Scrum, Kanban et ‘lab days’ chez PriceMinister  par Martin Sudmann (40 min)
  • Expérimentation de Scrum & XP dans une DSI de culture Cascade dans le secteur bancaire par Céline Stauder (30 min)
  • Scrumers, l’outil et l’adoption de Scrum dans une start-up par Ludovic Galabru (30 min)

Techniques de Coaching

Dans une autre salle, un atelier sera dédié à une technique de facilitation.

Les places à l’atelier étant limitées à 15 personnes, vous pouvez vous inscrire spécifiquement à partir du lundi 8 novembre sur cette page dédiée.

En clôture, un cocktail vous permettra de rencontrer les participants à la rencontre.

Compte-rendu de la JsConf 2010 (2ème partie)

Tuesday, October 5th, 2010

Ce billet est la 2ème partie du compte-rendu de la JsConf 2010.

J’y aborde PhoneGap, un tour d’horizon de HTML5 par Google, l’importance des standards du web et de l’accessibilité, les secrets derrière l’émulateur JSNES. Je parlerais également de JavaScript côté serveur utilisé par de larges boutiques en ligne, de Nodejs, CouchDB et de SocketIO pour ensuite conclure cet événement.

(more…)

Compte-rendu de la JsConf 2010 (1ère partie)

Saturday, October 2nd, 2010

La JsConf 2010 a eu lieu le week-end dernier, samedi 24 et dimanche 25 septembre à Berlin.

C’est un excellent événement, à ne pas rater si vous portez de l’intérêt à JavaScript.

Bien qu’étant une conférence assez jeune avec cette 2ème édition, j’ai été surpris par l’organisation sans faille, la qualité des interventions ainsi que l’originalité de la cuisine Berlinoise. :)

Ce fut également l’occasion de rencontrer les différents acteurs de la communauté JavaScript, ainsi que de voir se dégager les tendances actuelles que j’évoquerai en conclusion, dans le second article.

Dans la suite de cet article, vous trouverez la vision du web par les fondateurs d’Ajaxian, un tour d’horizon des API HTML5, un retour d’expérience sur la manipulation graphique en JavaScript, Cloud9IDE, la présence de Microsoft, l’introduction des proxys et le résultats du concours JS1K…

(more…)

La facilitation distante

Tuesday, September 28th, 2010

Comme j’ai commencé à vous en parler dans un article précédent, le thème du forum ouvert était la facilitation distante. Kesaco me demanderez vous. (again)

La facilitation « distante »

Commençons par le contexte : la conférence de Guillaume Duquesnay : avaler la pilule rouge, recracher la pilule bleu. Cette conférence présentée pour la première fois à l’USI 2010 abordait le principe selon lequel on avait essayé de nous faire croire qu’il était aussi facile, efficace et peu couteux de travailler avec des gens dans un autre bureau qu’avec votre voisin qui est en face de vous toute la journée. Cette présentation est inspirée des projets d’offshore et des dysfonctionnements auquel beaucoup d’entre nous ont pu être confrontés. Cela est dû à la faiblesse du canal de communication entre les différents intervenants : au téléphone vous ne pouvez pas voir les mimiques de votre interlocuteur, en chat vous n’avez pas les intonations de sa voix … Seul 7% de la communication interpersonnelle passe par les mots. Le reste passe le ton de la voix et le langage du corps. (Source : PNL)

(more…)

Ken Schwaber à Paris, et la passion renaît

Wednesday, January 27th, 2010


Issy-les-Moulineaux, dans les nouveaux locaux de Microsoft.

Une réunion du French SCRUM User Group

Le French SCRUM User Group organisait hier soir une conférence avec Ken Schwaber.

C’est donc Luc Legardeur, fondateur du SUG français, qui a débuté la séance en remerciant Microsoft et le co-créateur de Scrum, Ken Schawber d’être passé. Il a annoncé que Ken va présenter son nouveau site Scrum.org et répondra aux questions de l’assistance, le tout suivi d’un cocktail. Le programme du prochain trimestre du Scrum User Group a été annoncé:

  • Rencontre avec Scott Ambler mi-mars. Il est lead architect chez IBM. IBM est devenu il y a peu sponsor du SUG.
  • Soirée anniversaire le 30 mars chez Microsoft à nouveau.

La vision Microsoft sur l’agilité

C’est ensuite Xavier Warzee de Microsoft France qui a pris la parole pour tout d’abord nous rassurer : Microsoft ne fait pas une OPA sur le SUG, c’est simplement l’opportunité du passage de Ken à l’occasion d’une formation en France. Xavier a poursuivi sur un ton franc : pourquoi aujourd’hui Microsoft s’intéresse à l’agilité ? La société essaye de structurer et faciliter les efforts dans le monde de l’agilité. Ils commencent a avoir une offre qui se formalise un peu plus au travers de leur outil Visual Studio Team Foundation Server qui supportera directement SCRUM. Mais il s’agit pour Microsoft d’être pertinent et d’apporter de vraies solutions et, d’après Xavier, pas simplement de “préserver leur chiffre d’affaires”. Il annonce travailler de façon très proche avec Agile France et Laurent Bossavit qui était présent ce soir. Cela explique que Microsoft soit sponsor de plusieurs conférences agiles. Xavier revendique aussi des partenaires et un labo qui essayent de fournir des solutions, des sessions, des ateliers qui permettent d’adopter les technologies soutenant l’agilité. Microsoft, Scrum.org et différentes sociétés de formation se sont donc associées. Selon Xavier, le piège de SCRUM est de penser que les pratiques se suffisent à elles-mêmes quelque soit le cas de figure, le projet. Or, il convient de ne pas ignorer tout l’acquis en ingénierie logiciel, en pratiques de test et d’intégration continue. L’idée est de rechercher avec les outils Microsoft les meilleures pratiques et technologies soutenant SCRUM. Par exemple, vu la taille des itérations dans un projet SCRUM, le temps ne peut pas être perdu en construction du logiciel ou en tests.

Présentation de scrum.org par Ken Schwaber

Xavier a ensuite passé la parole à l’invité du soir : Ken Schawber.
Après un “bonjour, comment allez-vous ?”, nous avons épuisé tous les mots de vocabulaire francophone de Ken. Il introduit son discours : s’il y a quelque chose que vous n’aimez pas dans SCRUM, c’est à lui que vous devez vous adresser car il en est à l’origine ! Il sort d’une formation de deux jours pour Microsoft dans laquelle il a formé des personnes en profondeur à SCRUM. En outre, il s’est excusé de sa tenue vestimentaire. En s’habillant avec un maillot des “All Backs” ce soir, il ignorait que la France avait une équipe nationale qui pouvait rivaliser avec les blacks ! De toute façon, les néo-zélandais lui ont déjà dit que, visiblement, il ne connaissait rien au rugby !

Ensuite, il a présenté Scrum.org. Moins ambitieux que la ScrumAlliance, c’est une organisation dont le but n’est pas de transformer entièrement la façon dont les entreprises travaillent mais “seulement” d’améliorer notre monde du développement logiciel professionnel.

A l’origine, ce qui a plu à Ken dans le développement logiciel partait d’une proposition simple : “voilà une machine vierge, faites comme vous voulez, mais faites que ça marche !”. Mais depuis, selon lui, nous nous sommes perdus en chemin : nous avons introduit le cycle de développement en cascade et nous nous sommes laissés séduire par le style de management “Command & Control”. SCRUM est donc là selon lui pour redonner l’envie aux développeurs de se lever chaque matin pour aller satisfaire des utilisateurs auxquels ils ont manqué tellement ils adorent les merveilleux logiciels qu’ils produisent ! SCRUM devrait contribuer à rendre la profession relativement plus envieuse.

Un guide, des certifications en-ligne et des formations

Scrum.org s’inscrit dans cette volonté. Ce site propose le guide définitif de ce qu’est SCRUM. Ce guide de 16 pages montre que SCRUM est un framework simple. Il garantit l’intégrité de la définition de SCRUM par ses pères après qu’on ait tant cherché à la mélanger à d’autres méthodes (Kanban, Lean, SixSigma, etc. – ce que Ken ne déplore pas).

Scrum.org s’associe donc à des organismes partenaires afin de mettre en œuvre des formations SCRUM et des certifications. Ken nous assure qu’on peut échouer le passage de cette certification, ce n’est pas qu’une simple formalité ! Il existe aussi un questionnaire en ligne (gratuit jusqu’à mi-2010) pour s’auto-évaluer mais qui permet aussi au staff de Scrum.org d’obtenir du feedback sur SCRUM lui-même. Il donne alors quelques exemples de questions qui lui donnent l’occasion de créer un vote dans l’assemblée et de vous transmettre la première citation mémorable de la soirée :

“Being in the majority does not always mean you are right, as the waterfall as proven.”
“Être dans la majorité n’implique pas forcément avoir raison, le cycle de développement en cascade peut en attester.”

Concernant l’adoption de SCRUM, il pense que de nombreuses sociétés tendent à trop préparer les contextes des projets SCRUM. Ken leur conseillerai plutôt de se lancer plus vite. Les rétrospectives sont là pour commencer à s’améliorer dès le début ! Ken explique que le succès de SCRUM vient surtout de l’envie de sortir de la médiocrité du cycle en cascade. Mais, contrairement à ce qu’on pourrait penser et conformément à sa longue expérience, la force du changement qui pourrait être générée par les échecs répétés du cycle en cascade n’est presque jamais une suffisante pour arriver à mieux faire en adoptant SCRUM, ceci étant vérifié dans l’attitude des managers comme des ingénieurs. Il a souvent constaté que cette habitude de médiocrité dans les organisations à tendance à augmenter l’effet “ScrumBut” (le mot est malicieux) : “Nous faisons du SCRUM, MAIS pas … <n’importe quelle pratique qui les dérange, rend leur médiocrité visible, atteste de leur non efficience, etc.>…”. Après ce passage plutôt sombre dans son discours, une proposition constructive nous attend.

Pour améliorer cette situation, il est donc en train de monter des formations complètes pour des équipes entières dans lesquelles on choisit une pile technologique (open source java, Microsoft VisualStudio par exemple) et on est formé à SCRUM, aux techniques d’ingénierie agiles et aux outils ! Ce sont des formations qui sont donc plus complètes mais aussi plus exigeantes.

Les questions de l’assistance

C’est sur cette annonce que sa présentation s’arrête pour faire place aux questions de l’assistance.

  1. Traduction des cours SCRUM ?
    “Work-in-progress” !
  2. SCRUM dans de grand projets ?
    SCRUM est très adapté aux petites équipes. Il y a des livres qui traitent de ce sujet, en particulier le sien: “The Enterprise and Scrum”, Microsoft Press – 2007. Et hop, nouvelle citation à retenir :

    “And, just in case you are tempted, waterfall is NOT an alternative [to scale agile for large teams].”
    “Et, juste au cas où vous seriez tenté, le cycle en cascade n’est PAS une alternative [au déploiement de l'agilité à des équipes plus grandes].”

  3. Critique : Les certifications sont individuelles alors que SCRUM fait l’apologie du travail en équipe.
    Dans le cours qu’il est en train de monter, la note finale se décompose en un score donné par les coéquipiers de formation et un score individuel.
    C’est bien évidemment une formation plus dure à monter que la certification SCRUM classique car elle nécessite des formateurs compétents sur la méthode et la technique.
  4. Votre expérience relevant le plus grand défi en SCRUM ?
    DoubleClick. Le logiciel n’était pas bon du tout, peu de connaissance partagée. Une implication trop forte des managers dans l’allocation des tâches. Le défi était donc d’intégrer des nouveautés en parallèle sur le logiciel. La meilleure nouvelle pour eux fut de se faire racheter par Google et ne plus jamais entendre parler de développement logiciel, ils avaient sortit “notre” Champagne pour fêter ça…
  5. Remarque : SCRUM apporte essentiellement un isolement pour l’équipe de développement pour commencer à faire les choses bien.
  6. Remarque : Le rythme de livraison dans SCRUM peut être comparé à la régulation de la température dans une pièce. Il ne sert à rien de ré-évaluer la température trop souvent pour ajuster les radiateurs. Mais il n’est pas non plus efficace de ne le faire qu’une fois dans la journée car la température a peu de chances d’être constante au cours de la journée.
  7. SCRUM ne s’applique-t-il que pour les technologies objet moderne ?
    SCRUM peut même nous aider dans notre vie quotidienne : pour nourrir un enfant par exemple. Votre enfant est votre client. Vous tentez de lui faire avaler son repas, il refuse toujours d’avaler une seule cuillère sous la contrainte. Le lendemain, retentez l’expérience en lui demandant combien de cuillères il veut manger ce soir ? Troublé par la question, il répondra “une”, vous lui donnez alors une cuillère et il vous répondra de lui-même, “j’en voudrais deux maintenant” parce que c’est lui qui l’aura choisi.
  8. Vivre dans une organisation avec un cycle en cascade ?
    Ken raconte comment on peut commencer à faire du SCRUM sans jamais prononcer le mot. La méthode ne propose rien d’autre que de se mettre tous ensemble, construire quelque-chose, tout en y trouvant du plaisir.
  9. Gérer une équipe infrastructure avec SCRUM ?
    Rendre visibles les problèmes de ce type (délais trop long pour commander un serveur, ouvrir un port, avoir accès à des métriques) constitue déjà une partie de la solution.
  10. SCRUM + CMMI, vous adhérez ?
    SCRUM vous mène directement à un niveau CMMI niveau 3, il adhère !
  11. A propos de l’applicabilité de SCRUM à d’autres domaines que le développement logiciel ?
    Ken voit bien SCRUM s’inscrire dans un mouvement sociétal plus global. Il défend une vision d’une société post industrielle mature dans laquelle le management doit s’adapter en passant du paradigme “Command & Control” vers une façon différente diriger des équipes : le “servant leadership” c’est-à-dire une position beaucoup plus humble du manager qui se met au service de ses collègues en tant que facilitateur. Parce que c’est simplement le moyen le plus sain et le moins stressant pour tous de mener des équipes à accomplir les objectifs dans des projets de plus en plus complexes. Mais cela représente évidemment une révolution culturelle à accomplir. En outre, cela court circuite le pouvoir, l’autorité ou le prestige et réclame de la transparence pour que les collègues se fassent confiance.
  12. Quel est le secret de Ken pour restaurer la passion ?
    Vendre un produit peut aider. Le succès est toujours très vendeur. Par exemple, on peut rétrospectivement analyser pourquoi Toyota rencontre un succès plus important relativement à la faillite des sociétés américaines de production automobile.

Conclusion


La session a été conclue par un cocktail très sympathique au cours duquel les conversations ont pu se prolonger.

D’après moi, Ken a réussi à délivrer ce que je qualifierais de “message d’amour”. On sent réellement qu’il aime son métier et qu’il n’a pas inventé SCRUM par hasard. Sa volonté de nous faire aimer (ou aimer à nouveau) notre métier est palpable. Sentir son envie d’apporter une contribution positive à notre industrie du développement logiciel m’a fait plaisir ce soir-là.

Et vous, qu’allez-vous faire pour SCRUM demain ?

Rencontre Alt.NET sur l’AOP

Tuesday, June 16th, 2009

Logo ALT.NetLa prochaine rencontre ALT.Net aura lieu demain soir, le 17 juin à partir de 19h15. Elle portera sur la programmation orientée aspect.

Plus d’informations par ici.

Et pour s’inscrire, c’est par là.

ALT.Net est un groupe de développeurs .NET passionnés, cherchant à améliorer la façon dont les logiciels sont développés et reconnaissant qu’il n’y a pas de solution unique à un problème mais qu’il y a une multitude d’alternatives pouvant être appliquées dans différentes situations.

Les rencontres s’articulent autour d’une présentation principale et se terminent généralement en discussions autour d’un verre.